Agir pour le Fluvial - Lettre adressée à Philippe Tabarot
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Monsieur Philippe Tabarot Roubia, le 22 février 2026 Objet : Situation critique du réseau fluvial national et nécessité d’un rééquilibrage des priorités d’investissement. Monsieur le Ministre, La fédération Agir pour le fluvial souhaite attirer votre attention sur la situation préoccupante du réseau navigable français et sur les conséquences économiques et environnementales qui en découlent. En 2024, la Seine a vu transiter 17 millions de tonnes de marchandises et plus de 8 millions de passagers, soit l’équivalent de 905 000 camions retirés des routes. Ces chiffres illustrent le rôle stratégique du transport fluvial dans la décarbonation de la logistique nationale et dans l’aménagement équilibré des territoires mais ne reflètent pas la situation du mode fluvial en France. Le réseau national de 6 700 kilomètres géré par Voies navigables de France (VNF) est fragilisé par des décennies de sous-investissement. L’établissement lui-même indique, dans sa contribution à la conférence Ambition France Transports, que, sans effort significatif dans les dix prochaines années, le maintien en fonctionnalité du réseau ne pourra être garanti. La Cour des comptes souligne également l’état préoccupant du patrimoine fluvial : "Le patrimoine confié à VNF reste, pour une bonne part, dans un état préoccupant en lien avec l’insuffisance historique des moyens consacrés à son entretien " Nous avons pris acte de l’augmentation du budget d’investissement de VNF, porté à 300 millions d’euros dans le cadre du Contrat d’Objectif et de Performance signé avec l’État. Toutefois, l’effort engagé ne concerne que pour une faible part la remise en état de l’infrastructure. Les besoins budgétaires de régénération du réseau nécessiterait 200 millions d’euros supplémentaires par an, selon les estimations récentes de VNF. Par ailleurs, les choix d’investissement actuellement opérés privilégient la modernisation et l’automatisation des ouvrages dans une logique de réduction des charges de personnel. Selon la Cour des Comptes : "La multiplication des injonctions, la pression mise pour parachever la modernisation du réseau ainsi que le opérations de développement concourant au Canal Seine-Nord d’ici 2030 rendent hasardeuse la trajectoire d’investissement de VNF et risquent de conduire à un nouveau sacrifice de l’entretien du réseau.“ |






